Rapport Moral 2015

 
AG 2015 de « La Truite du Haut Verdon »
5 Mars 2015
Rapport Moral
 
Bonjour à tous et merci d’être venu,
Merci aussi à la commune de Thorame-Haute qui a mis à disposition cette salle du conseil municipal.
En 2014, tout n'est pas allé pour le mieux dans le meilleur des mondes mais l'AAPPMA a continué d'avancer.
I - Les chiffres généraux
En 2014, l'AAPPMA a perdu 6 membres actifs, ils étaient 397 en 2014 contre 403 en 2013, soit une baisse de - 1,49 %. 809 cartes de tous types ont été délivrées dans la saison contre 842 l'année précédente soit une baisse de – 3,92 %.
Cette baisse du nombre de pêcheurs au sein de l'AAPPMA est surtout due à deux facteurs. La fin annoncée des lâchers sur l'ensemble du bassin versant et le discours réformateur de l'AAPPMA. Sans compter que la météo des mois de Juin et Juillet, particulièrement froide et humide, a entraîné des conditions de pêche difficiles. 262 mm de pluie sont tombés à Thorame-Haute durant ces deux mois, soit le quart de la pluviométrie moyenne de l'année. Comparée à 2013, d'un point de vue purement statistique, l'année 2014 est caractérisée par une stabilisation à la baisse.
Quant au résultat financier il est excédentaire de 359,67 € soit un équilibre légèrement positif.
II - Les réalisations

  • Sur les populations et les milieux :

11400 alevins de truites farios de souche atlantique ont été introduits dans les ruisseaux et torrents de montagnes entre le mois de Juillet et le mois d'octobre. Ils sont issus des 30000 alevins de 4 mois que nous avons réceptionnés dans nos installations d'Allos. Entre temps nous avons parfait leur croissance et l'adaptation à leur futur milieu d'accueil grâce à ces bassins, tout en étant beaucoup plus précis puisque nous en disposions à tout moment. L'alevinage ce sont des dizaines de kilomètres et des centaines de mètres de dénivelés avalés en montagne avec des charges comprises entre 10 et 35 kilos sur le dos. Cette année j'ai eu l'immense satisfaction d'inscrire le chiffre 0 dans la colonne des pertes durant le transport et l'introduction. C'est le résultat du savoir faire acquis depuis 4 ans par l'ensemble des bénévoles à tous les stades de cette opération. Merci à Jean Christophe, Damiens, Mika et évidemment Robert qui ont pris soins des alevins dans les bassins et Merci à Eric, Adrien, François, Antoine, Stéphane et tous les autres dont j'ai oublié le prénom - mais qui se reconnaîtrons - avec qui nous sommes partis à l'assaut des vallons.
Je tiens à préciser que nous avons couvert tout le bassin versant.
Les auditeurs attentifs ne manqueront pas de remarquer qu'entre 11400 et 30000 il manque 18600 alevins. 2000 d'entre eux correspondent à ceux conservés pour introduction au stade adulte en aval d'Allos. Ceci afin de compenser la relative faiblesse des populations sauvages sur cette section. Les 16600 restant correspondent aux pertes naturelles entre le moment de leur réception et leur introduction dans le milieu naturel. D'où que l'on prenne le problème, ces poissons seraient morts lors de leur introduction si nous les avions réceptionnés à 6 mois. Les 11400 alevins introduits correspondent donc aux plus résistants des 30000 dont nous disposions au départ.
Pour les alevinages, nous nous sommes focalisés sur les torrents et ruisseaux de montagnes déconnectés par des infranchissables – c'est à dire les cascades – des populations autochtones de souche Verdon pour trois raisons :

  • premièrement ces sections ne peuvent être repeuplées par une quelconque montaison de géniteurs venue de l'aval
  • deuxièmement ces sections sont isolées des populations autochtones par ces mêmes cascades ce qui limite considérablement la pollution génétique.
  • troisièmement ce sont des lieux de pêche populaire dans notre vallée ce qui tend à diminuer les prélèvements sur les populations de souche Verdon.

En ce qui concerne une autre facette de l'introduction de truites dans les torrents de notre bassin versant, 1500 truites farios adultes ont rejoint le Verdon en aval d'Allos. Ces poissons de souche exogène, ayant grossi dans nos bassins, étaient d'une qualité remarquable. Il fallait un œil particulièrement exercé pour les différencier des truites du Verdon. Cette opération a été réalisée afin de compenser la faiblesse en poisson adulte en aval d'Allos. Faiblesse très probablement due à la conjonction de plusieurs facteurs ; soit la dégradation de l'efficience de la station d'épuration d'Allos, les prélèvements excessifs et le lessivage des fonds dûs au différents épisodes de crues depuis deux décennies. Merci à Jean Christophe, Damien, Mika et évidemment, encore une fois, Robert, ainsi qu'à tous ceux qui ont participé à cette opération.
Toujours dans le domaine de l'introduction de truites, cette fois dans le lac de Castillon, nous avons introduit 47000 alevins de 4 mois de truites arc en ciel. Ces 47000 alevins correspondent à la différence entre les 30000 alevins que nous avons effectivement utilisés pour les torrents de première catégorie et les 77000 alevins correspondant à l'ensemble de notre dotation fédérale. Nous avons choisi d'introduire des truites plutôt que du poisson de seconde catégorie pour trois raisons :

  • la première c'est que les espèces de seconde catégorie de Castillon sont vierges de maladie. Il est donc formellement déconseillé d'introduire une quelconque espèce qui pourrait être porteuse d'un parasite qui décimerait les populations concernées du lac. Or actuellement le risque est assez élevé.
  • La deuxième c'est que nous disposions de 47000 alevins de truites arc-en-ciel et que l'introduction d'alevins de cette espèce dans le lac de Serre-Ponçon – en tenant compte des proportions et des différences entre les deux lacs – est une réussite.
  • La troisième c'est que nous souhaitons conserver notre dotation intacte afin de ne négliger aucune option.

Vous avez certainement remarqué que nous mettons un point d'honneur à préserver au maximum les populations naturelles tant en première qu'en seconde catégorie. Nous sommes évidemment et globalement plus expert pour ce qui est de la première catégorie. Nous sommes de mieux en mieux informés. Et ce qui ressort de toutes les sources dont nous disposons, c'est qu'il faut au maximum protéger et aider la nature car l'expérience a montré qu'elle est irremplaçable. Aleviner en masse dans des milieux inadaptés, dégradés, ou bien encore sur des populations autochtones bien plus performantes, car issues de millénaires d'évolutions, est un non sens d'où la poursuite de l'effort dans la restauration et le maintient des adoux. En 2014, l'action de notre partenaire, le SIVU d'entretien des berges du Verdon, s'est portée sur les adoux de Thorame-Haute, notamment celui de Jeaume. Il n'y a qu'à voir le nombre de géniteurs ayant remonté à l'automne ce ruisseau pour se persuader du bien fondé de cette action.
En 2014, comme en 2015, il y a eu des pêches électriques de sauvetages à Saint André les Alpes, à Allos et à la Foux d'Allos. Il y avait du poisson partout. Par contre nous avons bien noté que la taille moyenne des poissons capturés près du No Kill de la Foux était très supérieure à ce à quoi nous nous attendions.

  • Au bord de l'eau

En 2014, nous avons beaucoup œuvré dans l'eau mais ce fut aussi le cas au bord. Nous avons essayé de faire respecter au maximum la réglementation en renseignant au mieux les personnes et institutions chargées de la police de la pêche. Certes les besoins en ce domaine sont grands, mais l'action de l'ONCFS, en plus des gardes pêches particuliers, de la gendarmerie et de l'ONEMA, s'est accrue. Au Printemps 2014, 5 contraventions ont été dressées sur le lac de Castillon suite à la capture et à la conservation de truitelles arc en ciel par les pêcheurs. A notre connaissance, aucune infraction n'ayant été relevée le long des torrents.
Au bord de l'eau, ou du moins à proximité, nous avons essayé de maintenir les installations  et les accès en bordure du lac de Castillon. La commune de Saint André a concentré son action sur les pourtours du ponton handipêche. Tandis que Mayeul a débroussaillé la totalité du sentier des pêcheurs, armé de la puissante Sthil de l'AAPPMA.
Toujours au bord de l'eau, le 22 juin, sur le site du Lacustre, la journée festive autour de la pêche a été un succès ; résultat de l'implication de Jean-Christophe, Mayeul, Fabien Tournissa, leurs proches et amis, pour l'AAPPMA, de Rémy Solier pour la FDAAPPMA, et du Club Mouche de Digne. Cette journée nous a peut être permis de jeter les bases de ce qui deviendra l'Ecole de Pêche de La Truite du Haut Verdon.
Le seul domaine où l'AAPPMA n'a pas rempli son engagement c'est celui du panneautage de la pêche à la carpe de nuit en queue de retenue du lac de Castillon. Lacune que nous comblerons en 2015.
III – En 2014 : Deux bonnes nouvelles, une lourde menace, une visite, un imprévu et une catastrophe
La petite bonne nouvelle qui s'est imposé jour après jour c'est notre représentativité sur Internet. Notre site est de plus en plus utilisé dans toutes ses fonctionnalités et c'est tant mieux. Renseignements, cartes par internet, expression, les fonctions non usitées sont rares. Quant à notre page facebook, je ne connais pas beaucoup d'AAPPMA qui ont des pages aussi vivantes. Là est le plus important ; faire une galerie à gros poissons que la majorité ne verra jamais, ce n'est pas là le but d'une AAPPMA. En résumé, nous existons dans le cyberspace et quand on connaît l'importance de cet ancrage aujourd'hui, mais surtout demain, on peut s'en réjouir.
La grande bonne nouvelle pour les uns, de même que la grande catastrophe pour les autres, est tombée le 26 Septembre 2014 aux environs de 15 h 00, la maille à 23 cm était adoptée sur l'ensemble du bassin versant du Haut Verdon par le Conseil d'Administration de la FDAAPPMA 04. C'est à dire le Verdon, du lac de Castillon jusqu'à sa source, ses affluents, sous-affluents et le lac d'Allos. Ce fut un moment de joie et de sérénité, aussi serein que le combat fut intense. Nous savons que le fondement de cette mesure n'est pas partagé par tous, y compris dans le Haut-Verdon. Mais il le fallait. Il le fallait parce que depuis 20 ans nos rivières ont considérablement pâti de l'action de l'homme, pêcheurs compris, et qu'il était temps de prendre une mesure concrète afin de redonner un peu de lustre à nos chers cours d'eau. D'autant qu'une nouvelle génération de pêcheurs émerge. En dehors des rivières cette génération n'a aucune certitude. Elle n'est pas sûre d'avoir un travail descent, une société avec des valeurs sûres, ni une Terre immuable. En conséquence, elle pêche aussi avec le souci du lendemain et il était important de commencer à lui donner un cadre. Comme je l'ai écrit dans « Aux sources du Verdon » : L'environnement général de notre vallée est certes préservé mais n'en est pas moins localement perturbé. Cela s'en ressent sur les torrents et au final sur les truites. Les pêcheurs par des prélèvements encore trop souvent excessifs participent à ces déséquilibres […] Mais le monde change...
« Avant »aller à la pêche c'était manger des truites, aujourd'hui c'est de plus en plus autre chose. L'appareil photo tend à supplanter le panier, surtout chez les jeunes, l'important c'est être ailleurs, fuir un monde de plus en plus artificialisé, s'identifier à ce que l'on prend : un animal façonné par l'action de milliers d'années d'éléments déchaînés. La Truite du Haut Verdon est témoin de cet évolution et s'adapte à cette nouvelle réalité. D'où le passage à la maille à 23 cm en 2015 au lieu de 20 cm auparavant ; 3 cm pour être sûr qu'une truite s'est bien reproduite au moins une fois avant de finir à la poêle ; 3 cm pour tenter de faire comprendre que prendre et garder peut ne pas être un automatisme ; 3 cm sur la route du « catch and release »?
Avant d'évoquer d'autres faits majeurs de l'année 2014, je souhaite m'attarder sur l'action du président Roustan. Avant que la lutte pour la maille à 23 cm atteigne son apogée je pensais que cette homme était un politique au sens péjoratif du terme. Je le pensais aussi pendant. Aujourd'hui je ne le pense plus. Nous aurons encore des différents. Ce qui est normal. Mais c'est quelqu'un qui voit beaucoup plus loin que ce que je pensais. Notre président fédéral et national est donc un politique, mais au sens de la cité. Ce qui est de bonne augure.
Durant l'été, la nouvelle d'un projet potentiellement désastreux est tombée. L'entreprise de production hydroélectrique SEHRY avec l'assentiment de la commune de Villars-Colmars, envisage de construire une microcentrale sur le torrent de la Chasse. Aux vues de l'importance tant écologique, qu'halieutique et humaine de ce torrent, l'AAPPMA, en collaboration poussée avec le président Roustan, ainsi qu'avec l'association de défense « la vallée de Heureuse Chasse », a pris les devant pour sauvegarder ce patrimoine inestimable. La lutte est en cours.
Le WE du 13 et 14 Septembre, une équipe du magazine halieutique Salmo est venue nous visiter. Elle était composé de Olivier Grimal, Simon Scodavolpe et Olivier Plasseraud. Ce sont de formidables techniciens tant au toc qu'à la mouche, de même que de très bons contradicteurs. Leurs solutions techniques étant aux antipodes des nôtres. Quant à la réalité des effets du changement climatique, je pense avoir attiré leur attention sur le rôle important de la géologie. Nous sommes restés chacun sur nos positions tout en nous quittant en bons termes. Nous attendons avec impatience la publication du magasine. Je pense que nous sommes appelés à nous revoir étant tous aux services de la pêche populaires françaises. Et ce sera avec un grand plaisir. C'est toujours comme ça entre vrais passionnés.
Les 14 et 15 octobre, l'AAPPMA a participé à la capture d'ombles-chevaliers par l'INRA1 et l'IRSTEA2 sur le lac d'Allos. Cette action était imprévue et nous l'avons intégré en cours de saison. Le but étant d'étudier les effets du changement climatique sur cet espèce afin d'anticiper les évolutions à venir, notamment dans des lacs tel que Sainte-Croix ou le Léman.
Notre participation incluait des plongées de repérages, finalement inutiles du fait de la très faible visibilité subaquatique, et des tentatives de captures à la ligne, compromises par la météo exécrables du 14. Un bravo à Adrien, François, Jean-Christophe et Stéphane qui ont vaillamment tenté de faire leur devoir halieutique. Sans grands succès. Mais leur présence ne fut pas inutile. Les échanges avec l'équipe de l'INRA-IRSTEA nous ont permis de mieux appréhender la complexité des problématiques relatives au lac d'Allos. Ce qui doit nous pousser à la prudence.
Le Parc National du Mercantour est un acteur incontournable de notre AAPPMA. Il n'est pas populaire parce qu'il ne correspond pas à la culture traditionnelle du territoire, de même que son attitude, en fonction des sujets, n'est pas sans contradiction. Ceci-dit, c'est cette entité qui définit les règles tant en termes de protections des espèces, qu'en termes d'exigences scientifiques. La pêche associative a les moyens de relever ces défis et elle va le faire.
Nous pourrions nous contenter d'aleviner bêtement mais nous ne le ferons pas. Nous ne le ferons pas parce que nous devons être un partenaire fiable, et aussi parce que le lac souffre peut être de déséquilibres insidieux. A nous de le prouver. La raison nous commandant d'agir avec raison et discernement, la réponse ne sera pas immédiate mais là n'est pas le plus important ; la priorité allant au long terme.
Début Décembre, nous avons re subi une catastrophe. Malgré l'achat d'un éffaroucheur électronique, les cormorans ont re curé les bassins d'Allons. Environ 4200 truitelles sur les 4300 de départ ont été exterminées. Cela représente la perte de 7650 € en deux ans. En conséquence, nous avons décidé de stopper la production de truites arc en ciel adultes. Réaménager le bassin demanderait un investissement lourd tant en argent qu'en attention ; or sur l'ensemble de notre bassin versant les problèmes ne manquent pas ; d'autant que l'alevinage massif de Castillon peut constituer une alternative efficace.
IV - Les Objectifs pour 2015

  • Sur les populations et les milieux

Deux réserves ont été créées sur notre bassin versant. Une de 500 m de linéaire sur le ravin de Sangraure dans la vallée de Chasse, le droit de la cabane de Sangraure servant de limite aval et sa source de limite amont ; et une de 1000 m de linéaire sur le torrent du Chadoulin, le pont de la D226 servant de limite aval et la cascade au droit du parking du Laus servant de limite amont. Quant à la réserve de 5 hectares, en queue de retenue du lac de barrage de Castillon, celle-ci a été supprimée.
En 2015, notre effort d'alevinage des ruisseaux de montagnes sera identique à celui de 2014. L'introduction de truites farios adultes sur le secteur d'Allos sera également maintenu à l'identique. Il n'y aura donc pas de lâchers de surdensitaires sur Saint André. Je tiens d'ailleurs à souligner que l'effort d'alevinage sur le lac de Castillon est considérable puisqu'il représente plus de 60 % de notre dotation globale. Là comme ailleurs nous faisons le choix du moyens et long terme plutôt que du court terme.
Notre collaboration avec le SIVU d'entretien des berges du Verdon en faveur du maintient des fonctions piscicoles des adoux sera poursuivi. A ce propos les chantiers se précisent, donnant l'occasion à Clémentine Samaille – nouvelle technicienne de la FDAAPPMA 04 – et à Thomas Garnier – nouveau technicien rivière du SIVU - de déployer leur savoir faire tout en développant leur collaboration.
 Pour ce qui est de la sauvegarde de la Chasse ; dans l'immédiat nous allons faire une page d'information complète à destination des pêcheurs sur facebook, de même que sur notre site afin de commencer à les mobiliser. Dans le même temps nous – l'AAPPMA et la FDAAPPMA 04 - adresserons une lettre à l'entreprise SEHRY pour qu'elle comprenne bien que nous ne laisserons jamais faire une micro centrale sur la Chasse, ni ailleurs dans la vallée. Au mois de Janvier, nous avons reçu un courrier de la DDT pointant les lâcunes de ce projet. Comme nous n'avons pas confirmation de son abandon ; que nous ne connaissons pas les capacités financières de cette entreprise ; et que la commune semble toujours persister dans cette voie ; nous poursuivrons l'effort quoi qu'il advienne jusqu'à l'abandon définitif de ce projet insensé.
 Le PDPG - Plan Départemental pour la Protection du milieu aquatique et la Gestion des ressources piscicoles – est un document obligatoire comme le prévoit le troisième alinéa de l'article 6 de nos statuts. Pour la majorité des AAPPMA en France et dans le département il constitue le seuil minimal à atteindre. Mais pour une AAPPMA comme la notre il n'en est pas moins potentiellement un frein. Néanmoins il faut être réaliste ce document nécessaire peut nous aider dans la lutte pour la reconquête des milieux. A mon sens la meilleure des choses à faire est d'étudier très sérieusement avec la FD un PDPG qui nous permette de satisfaire nos obligations statutaires tout en garantissant les évolutions les plus audacieuses au niveau des mailles et des quotas. Dans cette démarche je préconise de laisser à la FDAAPPMA le choix du moment, de nous dépendra la durée des discussions.

  • Au bord de l'eau en 2015

Dès cette année l'AAPPMA peut compter deux gardes pêche particuliers en plus : Jean Claude SCHELLINO – déjà formé par la FDAAPPMA 06 - et Eric LANTELME. Ces deux candidats arrivent à point nommé ; vu la mise en place de la maille à 23 ; vu la taille de notre bassin versant et vu les nouvelles fonctions publiques d'Alain DELSAUX. Jean Claude aurait plutôt pour secteur Allos, et Eric la vallée de Chasse. Ils coordonnerons leurs efforts avec les services de l'Etat compétents à savoir : l'ONCFS, l'ONEMA et la Gendarmerie Nationale. La police de la pêche au sein du Parc National du Mercantour étant assurée par ses services.
Toujours au bord de l'eau, aux bassins d'Allons, compte tenu de l'échec complet que nous venons d'essuyer dans la production de truites arc-en-ciels, nous allons fermement demander la reprise du cormostop à son fabricant et, avec l'accord des élus fédéraux, nous allons réorienter la fonction de ce lieu de la production vers une fonction administrative et de lien social. Les possibilités du lieu sont grandes quand on connaît le projet qui suit.
2015 sera l'année de la première phase de la création de l'Ecole de Pêche de l'AAPPMA. La dénomination officielle étant APN, pour Atelier Pêche Nature. Cette possibilité s'offre à nous grâce au travail de Rémy Solier, animateur nature et pêche à la FDAAPPMA 04. La finalité réelle de l'APN est de remplacer, « par le haut », les lâchers de surdensitaires quels qu'ils soient ou qu'ils soient. Qu'est-ce qu'un lâcher ? Compenser pour les pêcheurs les plus faibles la rareté des poissons dans le milieu naturel. Le lâcher est une réponse quantitative à la rareté. L'APN est une réponse qualitative. L'avènement d'un tel atelier aurait les avantages suivants: préparer les futurs pêcheurs – qu'ils soient petits ou grands – à la réalité puisque les poissons seraient sauvages ; supprimer l'accoutumance aux lâchers ; éduquer à la protection des milieux aquatiques ; assurer notre fonction de création de lien social et à terme assurer la relève. Avec une telle stratégie le nombre importe peu. Il s'agit d'instaurer une dynamique qui ne sera efficiente, au mieux, qu'à moyen terme mais l'important est ailleurs : former à la réalité qui est encore suffisamment belle.
Pourquoi « première phase » ? Afin de donner toutes ces chances au projet plusieurs journées dédiées nous permettront au cours de la saison de mieux appréhender le terrain tant au niveau des lieux que du public. Peu importe si les participants sont peu nombreux, à ce titre s'ils ne sont que 8 c'est parfait, c'est la capacité du nouveau trafic de la FD, 12 si aucune mobilité prévue. L'avenir nous dira.
En 2014, les plongées au lac d'Allos ont potentiellement ouvert une collaboration plus poussée avec Educaplongée Attitude. Comme nous pensons qu'un bon exemple vaut mieux qu'un long discours, nous aimerions dès cette année que les plongeurs viennent filmer la vie dans la Lance et le Verdon. La Lance pour se faire la main et le Verdon parce que c'est notre rivière principale. Ces vidéos seraient ensuite disponibles sur Internet et seraient d'un grand intérêt pédagogique.
V – Novembre 2015
En novembre de cette année, partout en France la pêche associative procédera au renouvellement des bureaux des AAPPMA et des fédérations. Il faudra élire ou réélire les secrétaires-adjoints, secrétaires, trésoriers-adjoints, trésoriers, vices-présidents et présidents. Ceux qui sont insatisfaits de la pêche verront là une occasion unique de changer le cours des choses. Quels que soient leurs buts je les encourage à s'engager car c'est une belle aventure, souvent dure, mais belle. Nous sommes régit par un régime associatif. Il n'y a rien à gagner dans cette voie si ce n'est le sentiment d'avoir fait quelque chose de bien et de manière désintéressée. C'est si rare de nos jours. Sans fausse modestie ce fut mon cas et je sais que c'est le cas de tout mon bureau. A titre personnel, mon seul carburant a été d’œuvrer pour qu'un jour les petits pêcheurs du Haut Verdon n'entendent plus la litanie du « Il n'y a plus rien, c'était mieux avant ! ».
J'aimerai poursuivre sur ma lancée mais je suis face à deux obstacles de taille :

  • le premier personne n'y peut rien, il s'agit de mon avenir professionnel. C'est à dire de où je serai, du temps dont je disposerai et des perspectives qui seront les miennes. En sommes, beaucoup d'incertitudes planent mais elles ne sont pas insurmontables. Pour beaucoup elles dépendent du deuxième obstacle.
  • Et là vous y pouvez beaucoup, parce qu'il s'agit de vous, les pêcheurs. Quand je suis devenu président, je n'avais que la vague idée de faire mieux que ce que j'avais connu. Je crois y être arrivé mais j'ai rencontré une difficulté inattendue : l'idée que la grande majorité des pêcheurs se font de leur loisir. Aujourd'hui je suis en position de vous affirmer ceci « pour les pêcheurs la pêche ce n'est pas quelque chose d'important ». Et en bientôt 4 ans de présidence j'ai côtoyé toutes sortes de pêcheurs.
    Beaucoup de pêcheurs fatalistes pour qui toutes les menaces écologiques pesant sur leur loisir, et plus généralement sur leurs vies, ne justifient pas l'ombre du début de l'aurore d'un sursaut quelconque.
    Beaucoup de pêcheurs profiteurs pour qui, du moment où eux y trouvent leur compte, le reste du monde peut s'écrouler. Le congélateur c'est fait pour être rempli.
    Quelques pêcheurs fêtards pour qui le système associatif halieutique doit être le prolongement des différents comités des fêtes du coin.
    Quelques pêcheurs entrepreneurs qui voudraient gérer la pêche comme on gère une entreprise, c'est toujours plus facile avec l'argent des autres.
    Et les plus redoutables que j’appellerai les ambitieux de la Gaule ; ces individus peuplent une bonne partie du système associatif halieutique ; ils y trouvent un exutoire facile pour leur mégalomanie de village ; ils y pratiquent la démagogie avec les catégories précédemment citées ; et évidemment ils contrent toutes évolutions qui contrariaient leur hégémonie restreinte. Ces individus ne pensent pas beaucoup en dehors de leurs égos et des lieux communs de notre société.
    En bref, cela fait énormément de pêcheurs qui pensent à tout ce qui est périphérique mais peu à ce qu'est la pêche. Cette activité de chasseur-cueilleur qui s'est muée en loisir mais dont on ne doit pas oublier qu'elle est avant tout fondée sur le lien entre l'homme et la nature. Une nature la plus intacte possible est nécessaire à l'acte de pêche réel. C'est là la seule chose qui m'inspire en tant que gestionnaire.
    Comme tout le monde, j'ai commis des erreurs. J'ai voulu être un président ouvert et à l'écoute et beaucoup ont abusé de cette écoute ou l'ont déçue. Petit à petit je suis revenu à des fondamentaux. Et quand on est gestionnaire de la pêche et des milieux il n'y a rien de plus important que la qualité environnementale et la manière dont les pêcheurs en usent. En clair, d'une part lutter pour protéger voire améliorer la qualité écologique des torrents et des lacs, et d'autre part, développer de nouveaux comportements, notamment via l'évolution de la réglementation et d'un discours orienté vers la baisse des prélèvements.
    A l'avenir, si en Novembre je suis en position de poursuivre ma tâche je n'ai l'intention de me concentrer et de concentrer l'action de l'AAPPMA que sur ces deux leviers :améliorer les milieux et développer une pêche moins prédatrice. Quoi qu'il advienne c'est vous qui choisirez.
    Excusez moi si j'ai profité de ma position pour m'adresser à vous à la première personne mais le président est le point nodal d'une AAPPMA. C'est lui qui oriente toute son action. Le moindre changement à la tête de l'AAPPMA est toujours suivi d'effet. Tout ça pour que vous ayez à l'esprit qu'au mois de Novembre, La Truite du Haut Verdon sera confrontée à un choix majeur en plus des autres, ceux de l'intégration, ou du départ, d'autres membres de son conseil d'administration. Comme nous n'en sommes pas encore là, venons en au rapport financier de l’année 2014. Monsieur le trésorier la parole est enfin à vous !

 Maintenant venons en aux questions indispensables.
Qui est contre l’approbation du rapport moral ? Qui est contre l’approbation du rapport financier ?
Sachant que seuls les membres actifs peuvent voter.
 Y a-t-il d’autres questions ?
 L’ordre du jour étant épuisé la séance est levée. Merci d’être venu et merci de votre attention.
 

1Institut National de la Recherche Agronimique

 

2 Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture

 

Publié le
Lundi, 30 March, 2015 - 00:15